Les Voix de l'Urgence

Le Projet

CONTEXTE

1919

Division du Cameroun entre la France et le Royaume-Uni par la déclaration de Londres

1er octobre 1961

Indépendance du Cameroun sous-tutelle britannique et réunification des deux Cameroun en deux états fédérés : le Cameroun oriental (francophone) et le Cameroun occidental (anglophone)

1996

Décentralisation instaurée par une loi constitutionnelle

11 octobre 2016

Début de la grève des avocats de la Common Law

Décembre 2016

Discours à l’assemblée nationale de l’honorable WIRBA (Député du département de Mbui dans le Nord-Ouest) réaffirmant l’existence d’un problème anglophone.

27 juillet 2017

Quatrième renvoi du procès des figures de la contestation anglophone
Une chronologie simplifiée et non exhaustive de la crise anglophone au Cameroun. Elle prend racine dans la gestion de l’ancienne colonie allemande d’après guerre comme on peut le remarquer. Résultat de l’intimidation, du mépris, de la répression et de l’ignorance de ceux qui ont décidé du tracé et de l’administration des frontières dont nous héritons aujourd’hui.
Des dates qui dans leur ensemble cristallisent le résultat des décisions politiques, mais au grand jamais les conséquences de ces dernières sur les administrés.
Cette crise est le résultat d’une revendication pacifique transformée par des politiques qui y ont répondu par le déni, le mépris, l’intimidation et la répression, en guerre indépendantiste pour les uns et en terrorisme pour les autres. 20% de la population camerounaise s’est retrouvé en exil dans son propre pays.

Déni et mépris.

Ces jeunes filles, déplacées anglophones, pour la majorité mineures, qui se prostituent dans les villes francophones afin de survivre.

Intimidation et répression.

Les exactions et les dommages collatéraux qui remplissent le cœur des survivants de haine.
mains tenant un chaussure en plastique

THE URGENCY OF NOW (#TUON)

Quelle est la frustration de ce peuple qui nous semble des fois à nous, francophones, si lointain ?
Quelle est la part de leurs peurs que nous partageons ?
Quelle est la part de leur colère que nous ressentons ?
Ce travail ne se veut pas être une énième analyse politique de la situation et encore moins une prise de position, mais juste un espace de mémoire.
Mémoire de ces Camerounais dit anglophones qui ont du fuir leurs villages, leurs villes, leurs régions en pâture à une guerre fratricide pour certains, indépendantiste et terroriste pour d’autres.
Mémoire d’une marche qui a duré pour certains déplacés des jours, voire des semaines.
Mémoire des espaces traversés.
Mémoire des personnes rencontrées.
Mémoires des objets abandonnés derrière soit mais aussi et surtout de ceux emportés avec soit.
Mémoire de l’instant, de sa nouvelle vie.
Mémoire des attentes, des espérances, d’un retour…d’une cicatrisation.
Des fragilités où se mêlent douleur et sourire, colère et amour, peur et bonheur, frustrations et poésie que je souhaite faire entendre dans l’espoir de la venue du dialogue et de la résilience.

DEMARCHE

Je compte me rendre dans les principales villes dans lesquelles les
déplacés de la crise se sont réfugiés : Bafoussam, Foumban, Yaoundé et Douala. Il sera question durant cette tournée de collecter du matériau photographique, sonore et graphique.
photo de Franck
photo de Anna

1. De la photographie

Je vais faire des portraits des déplacés portant des masques chirurgicaux. Ces masques qui renvoient à la lutte contre la pandémie du covid-19, mais ici ils sont le symbole du musèlement des victimes de cette guerre et même de la guerre. L’un des effets pervers de cette pandémie au Cameroun a été de déplacer l’attention de l’opinion nationale et internationale de la crise vers la covid-19.
En plus des portraits je vais filmer des objets du quotidien qui ont une histoire singulière pour les déplacés et que ces derniers ont emporté avec eux lors de leur périple. Ces objets vont être le point de départ de leurs histoires.
des mains qui tiennent un mortier
mains tenant une boîte de biscuits

2. Du son

Je vais encourager les déplacés à me raconter l’histoire qui leur lie à chaque objet du quotidien que je vais filmer. Des histoires que je vais enregistrer dans le but d’en faire une installation sonore mais aussi constituée une base de données accessibles par internet.

C’est l’histoire d’un mortier appartenant à la grand-mère décédée d’une victime de la crise et dont c’est le seul objet qui renvoie à sa mémoire ou celle d’une boîte à biscuit qui renferme toutes les douleurs et les peurs d’une orpheline…

L’intérêt ici étant de raconter l’histoire de ces Camerounais sans une quelconque connotation politique, juste une histoire qui restera dans la mémoire collective et témoignera de cette ère singulière de mon pays. Une histoire dont ils seront les auteur(e) s.

3. Du dessin

Je vais organiser des ateliers de dessin orientés vers les déplacés de tout âge. Je leur demanderai de dessiner des espaces, des objets, des infrastructures de leur ville d’origine ou village qui sont chers à leur mémoire. Des représentations
graphiques qui font partie de leur identité.

Je vais faire une copie de ces dessins que je vais réinterpréter en me servant de la technique de gravure sur papier.

DIFFUSION

Afin que les histoires de ces déplacés restent dans la mémoire de leurs contemporains, je ne souhaite pas m’arrêter uniquement à une exposition artistique comme on l’attendrait d’un artiste, mais je voudrais diversifier les moyens de diffusion.

1. Exposition artistique

La restitution de cette collecte se fera au sein d’une exposition où on rencontrera la photographie, l’installation sonore et la gravure sur papier. Je ne me priverais pas d’ajouter d’autres médiums comme
la vidéo si nécessaire.
Exposition itinérante qui fera le tour de toutes les institutions qui soutiennent le projet.

2. Edition d’un livre photo

Il s’agira d’un livre 2.0 qui en plus du contenu média (photos, gravures et textes) lié à l’exposition, aura aussi un contenu virtuel. Il s’agit de Qr codes qu’en scannant donnent accès à du contenu en ligne, à savoir : des interviews de déplacés, les coulisses du projet, l’interview des partenaires…

3. Création d’un site web

Nous sommes à l’air du numérique et le web est l’un des moyens de diffusion les plus dynamique de nos jours. C’est pour cette raison que je souhaite mettre ce contenu multimédia en ligne pour un accès pluriel et un archivage qui durera dans le temps.
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